Évolution de la réglementation immobilière depuis la Loi ALUR


Auteur : Nicolas Mouligner
Temps de lecture : 10 minutes
Mis à jour le 23/02/2026
Depuis 2014, la réglementation immobilière française a connu une transformation profonde. La Loi ALUR a marqué un tournant majeur dans la professionnalisation du secteur, l’encadrement des pratiques et la protection accrue des consommateurs.
Dix ans plus tard, entre obligations de formation, code de déontologie, transition énergétique, contrôles renforcés des CCI et nouvelles réformes liées au logement et au climat, le cadre juridique immobilier s’est densifié comme jamais.
Cet article analyse l’évolution complète de la réglementation immobilière depuis la Loi ALUR, en retraçant les grandes réformes de 2014 à 2026 et leurs impacts concrets pour les professionnels comme pour les particuliers.
Réponse rapide : L’évolution de la réglementation immobilière depuis ALUR
L’évolution de la réglementation immobilière depuis ALUR se résume à une professionnalisation progressive des acteurs, une montée des obligations de formation et de déontologie, un contrôle accru des pratiques par les CCI et l’intégration des enjeux énergétiques dans la gestion immobilière.
- 2014 : Loi ALUR
- 2015 : Code de déontologie
- 2016 : Formation obligatoire
- 2018 : Loi ELAN
- 2021 : Loi Climat et Résilience
- 2024–2026 : encadrement des meublés de tourisme + renforcement des règles énergétiques (DPE/décence)
Concrètement, cela signifie plus d’obligations pour les professionnels et plus de protection pour les particuliers.
La Loi ALUR : Point de départ d’un nouveau cadre réglementaire (2014)
Adoptée le 24 mars 2014, la loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové (Loi ALUR) représente la réforme fondatrice du nouveau paysage immobilier français.
Textes de référence (sources officielles) : Loi ALUR (24/03/2014) — texte officiel (Légifrance)
Les objectifs majeurs de la Loi ALUR
La réforme poursuit plusieurs ambitions :
- Encadrer les pratiques professionnelles
- Sécuriser les transactions immobilières
- Réguler le marché locatif
- Renforcer la transparence pour les consommateurs
- Professionnaliser les métiers de l’immobilier
La loi modifie notamment la loi Hoguet, base juridique des professionnels immobiliers depuis 1970.
La professionnalisation des agents immobiliers
Avant ALUR, la montée en compétence reposait principalement sur l’expérience. Depuis 2014 :
- formation continue obligatoire
- règles de déontologie formalisées
- contrôles disciplinaires possibles
Cette évolution marque une transition vers un modèle plus proche des professions réglementées.
La déontologie immobilière : Une réforme structurante (2015)
La deuxième étape majeure intervient avec la publication du décret n°2015-1090 du 28 août 2015 (code de déontologie).
Texte de référence (source officielle) : Décret n°2015-1090 du 28 août 2015 — Code de déontologie des professionnels de l’immobilier
Le décret de 2015 et ses conséquences
Le décret n°2015-1090 fixe les règles de probité, loyauté et transparence applicables aux professionnels.
Objectifs :
- protéger l’intérêt du client
- garantir des pratiques commerciales loyales
- renforcer la confiance dans les intermédiaires
Les principes fondamentaux imposés
Probité et respect des lois
Le professionnel doit respecter strictement le cadre légal et refuser toute opération frauduleuse.
Transparence et information du client
Obligation de clarté sur :
- honoraires
- mandats
- risques juridiques
Lutte contre les discriminations
Les pratiques discriminatoires deviennent explicitement interdites.
L’obligation de formation continue : La révolution ALUR (2016)
L’un des changements les plus structurants est la formation ALUR obligatoire
Le décret du 18 février 2016
Entré en vigueur le 1er avril 2016, il impose une montée en compétences permanente.
Textes de référence (sources officielles) : Décret n°2016-173 (18/02/2016) — Formation continue des pros de l’immobilier
Qui est concerné ?
- titulaires de carte professionnelle
- représentants légaux
- directeurs d’agence
- collaborateurs habilités
Volume de formation obligatoire
Durée minimale
- 14 heures par an
- 42 heures sur 3 ans
Thématiques imposées
- juridique
- économique
- commercial
- urbanisme et transition énergétique
- déontologie (minimum 2 heures)
Impact sur la carte professionnelle
Sans justificatif de formation, le renouvellement de la carte professionnelle immobilière peut être refusé.
Frise chronologique : Évolution réglementaire immobilière (2014–2026)
- 2014 — Loi ALUR : professionnalisation et encadrement
- 2015 — Code de déontologie immobilier
- 2016 — Formation continue obligatoire
- 2018 — Loi ELAN : simplifications et copropriété
- 2021 — Loi Climat et Résilience
- 2023 — Gel des loyers pour logements très énergivores (> 450 kWh/m²/an)
- 2025 — Interdiction progressive location classe G
- 2028 — Extension aux logements F
Le rôle central des CCI dans la régulation du secteur
Depuis ALUR, les Chambres de Commerce et d’Industrie deviennent des acteurs majeurs du contrôle professionnel.
Nouvelles missions des CCI
- carte professionnelle immobilière délivrée par la CCI
- contrôle du respect de la formation
- vérification administrative
- sanctions possibles
Une logique de responsabilisation
L’objectif est clair : limiter les acteurs peu formés et professionnaliser l’ensemble du marché.
La Loi ELAN (2018) : Simplification et adaptation du marché
La loi ELAN poursuit la modernisation du secteur.
Texte de référence (source officielle) : Loi ELAN du 23 novembre 2018 (texte officiel – Légifrance)
Objectifs principaux
- fluidifier la construction
- simplifier certaines normes
- adapter le logement aux nouvelles pratiques
Impacts pour les professionnels
- ajustements sur la copropriété
- évolution des baux
- accélération des procédures administratives
La transition énergétique : Nouvelle vague réglementaire (2021–2026)
Le tournant écologique transforme profondément la réglementation immobilière.
La loi Climat et Résilience
Adoptée en 2021, elle place la performance énergétique au cœur du marché.
L’interdiction progressive de location des passoires thermiques
Calendrier clé :
- 2023 : gel des loyers pour les logements consommant plus de 450 kWh/m²/an (logements les plus énergivores)
- 2025 : interdiction de tous les logements classés G
- 2028 : extension aux logements F
- 2034 : extension aux logements E
Ce seuil correspond aux logements considérés comme indécents au sens énergétique. Il s’agit d’une étape progressive avant l’interdiction complète des logements classés G à la location.
Impacts majeurs sur le marché immobilier
Décote des biens énergivores
Les logements mal classés subissent des baisses de valeur importantes.
Renforcement du rôle du DPE
Le diagnostic devient central dans les négociations et décisions d’investissement.
L’évolution des locations meublées et du tourisme immobilier (2024–2026)
Face à l’essor des locations de courte durée, le législateur intervient.
Encadrement des locations meublées de tourisme (réforme 2024–2026)
La réforme des locations meublées de tourisme s’inscrit dans un objectif de rééquilibrage du marché locatif, avec des mesures permettant aux collectivités et copropriétés de mieux encadrer les usages. Les textes de référence sont publiés sur les sources officielles (Légifrance, Service-Public, ANIL).
Nouveaux équilibres recherchés
- protection du résidentiel
- lutte contre la pénurie de logements
- encadrement des plateformes type Airbnb
2014–2026 : Vers une réglementation immobilière plus dense
Les grandes tendances observées
- Professionnalisation accrue
- Renforcement du contrôle administratif
- Responsabilisation écologique
- Protection renforcée des consommateurs
- Digitalisation croissante des pratiques
Ce qui change pour les professionnels
- plus d’obligations juridiques
- obligation de veille réglementaire permanente
- montée en compétence obligatoire
Quel avenir pour la réglementation immobilière ?
Les prochaines années devraient poursuivre cette dynamique :
- durcissement énergétique
- obligations de transparence accrues
- digitalisation des transactions
- responsabilité environnementale renforcée
Le métier d’agent immobilier tend progressivement vers un rôle d’expert polyvalent : juridique, technique, énergétique et éthique.
Ce qui change concrètement pour les acteurs de l’immobilier
Agent immobilier
Plus d’obligations de formation, contrôle renforcé des mandats et responsabilité accrue en matière d’information du client.
Syndic de copropriété
Renforcement des obligations de transparence, digitalisation des assemblées et suivi énergétique des immeubles.
Mandataire immobilier
Obligation de formation identique aux agences, encadrement renforcé des pratiques commerciales.
Bailleur
Contraintes énergétiques croissantes (DPE, interdictions progressives de louer) et obligations d’information renforcées.
Acquéreur
Meilleure transparence sur la performance énergétique, les travaux et les risques juridiques liés au bien.
Résumé expert (à retenir)
- Obligation (professionnels) : la formation continue est indispensable au renouvellement de la carte (sinon risque de refus).
- Obligation (déontologie) : transparence sur honoraires/mandats + information claire du client (sinon litiges et risques disciplinaires).
- Impact (CCI) : contrôles plus structurés et exigences administratives renforcées (dossier de conformité à tenir à jour).
- Impact (énergie) : DPE et décence énergétique influencent valeur, location et travaux (les biens énergivores sont pénalisés).
- Sanctions (bailleurs/pros) : non-conformité = risques de blocage (location, renouvellement, contentieux) et perte de temps/coûts.
Conclusion : Une transformation profonde du secteur immobilier
Depuis la Loi ALUR, la réglementation immobilière a connu une évolution majeure.
D’un marché historiquement souple, on est passé à un environnement fortement encadré, où la formation, la déontologie, la performance énergétique et la transparence sont devenues des piliers incontournables.
Cette évolution n’est pas terminée : le secteur immobilier continue d’intégrer des enjeux sociétaux, environnementaux et technologiques qui redessinent le rôle même des professionnels.
FAQ — Évolution de la réglementation immobilière
Qu’est-ce que l’évolution de la réglementation immobilière depuis la Loi ALUR ?
L’évolution de la réglementation immobilière depuis la Loi ALUR correspond à un renforcement progressif des obligations professionnelles, de la transparence et des exigences énergétiques. L’objectif est de mieux protéger les consommateurs et de professionnaliser le secteur immobilier.
Quelles sont les grandes réformes immobilières entre 2014 et 2026 ?
Depuis 2014, plusieurs réformes majeures ont transformé le marché : Loi ALUR, code de déontologie, formation obligatoire, Loi ELAN et réglementations énergétiques issues de la Loi Climat et Résilience. Ces textes ont renforcé les obligations des professionnels et des bailleurs.
La formation ALUR est-elle obligatoire pour renouveler la carte professionnelle ?
Depuis la Loi ALUR, la formation continue est obligatoire pour renouveler la carte professionnelle. Les professionnels doivent justifier de 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans afin de conserver leur droit d’exercer.
Que change le code de déontologie pour les agents immobiliers ?
L’évolution de la réglementation immobilière a renforcé les règles de déontologie : transparence, loyauté et information claire du client. Ces obligations sécurisent davantage les transactions et limitent les pratiques abusives.
Quel rôle jouent les CCI dans la régulation du secteur immobilier ?
Les Chambres de Commerce et d’Industrie délivrent les cartes professionnelles et vérifient les conditions de renouvellement, notamment la formation continue. Elles jouent un rôle essentiel dans le contrôle administratif de la profession.
Que signifie l’interdiction progressive des passoires thermiques ?
Les logements les plus énergivores sont progressivement exclus de la location selon un calendrier légal. Cette évolution oblige les propriétaires à améliorer la performance énergétique de leurs biens pour continuer à louer.
Quelles règles concernent les locations meublées de tourisme ?
L’évolution de la réglementation immobilière encadre davantage les locations meublées de tourisme afin de préserver l’offre de logements résidentiels. Les collectivités et copropriétés disposent désormais de moyens renforcés pour réguler ces usages.
Quels risques en cas de non-respect des obligations ALUR ?
Depuis ALUR, le non-respect des obligations (formation, information client, conformité des pratiques) peut entraîner un refus de renouvellement de carte professionnelle, des litiges ou des sanctions administratives selon les situations.

Nicolas Mouligner
L’auteur
Nicolas Mouligner est formateur professionnel depuis plus de 20 ans, spécialisé dans l’assurance, le crédit et l’immobilier. Titulaire d’un Master, il accompagne depuis de nombreuses années des publics variés. En 2020, il fonde Les formations de Louis et accompagne ses apprenants avec une pédagogie claire et accessible… en savoir plus
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